J'écoute : Joe Satriani - Professor Satchafunkilus and the Musterion of Rock
Je regarde : O.
Je lis : La France des années noires (T2. De l'Occupation à la Libération) - JP. Azéma et F. Bedarida (sous la direction de)
Je bois : du café, quoi d'autre ?
Je cite : "J'ai la tête et les mains si pleines du troisième acte qu'il ne serait pas étonnant que je me transforme moi-même en troisième acte." (Mozart à propos de Indoménée - Lettre à son père)
Je pense : a O.
Je rêve : a O.
(mis à jour mardi 20 mai 2008 à 22:01)

25/08/2007

25/08/07 - 09:48

On n’y voit rien



« On n’y voit rien » c’est le titre d’un livre de Daniel Arasse, qui était l’un de nos plus brillants historiens d’art.

Et là, je vous entends d’ici : « quoi un livre d’histoire de l’art ? Mais c’est chiant, c’est comme l’annuaire au bout de 2 pages on décroche ».

Bon, et bien là justement là çà n’est pas chiant.

Daniel Arasse écrit simplement, sans dialecte savant, il est même drôle, impertinent. Une dizaine de dialogues imaginaires, de scénettes, nous apprennent à lire un tableau.

Pour vous convaincre (si, si je sens bien que 2 ou 3 parmi vous ne sont pas encore convaincu) voici comment il décrit « l'Adoration des Rois Mages" de Breughel (non, Koala, pas en Galilée… enfin oui, ils sont bien en Galilée, mais là il n’y a pas Sheila sur le tableau. Elle n’est pas si vielle tout de même…) :

« Quand aux Rois, seuls leurs vêtements permettent d’y reconnaître des rois. Ils n’ont pas cette dignité qui doit même dans la fatigue ou l’adversité, distinguer la majesté de la personne royale. Avec leurs cheveux longs, sales, mal peignés, ils ont plutôt l’air de vieux hippies avachis, des babas édentés. Il paraissent ce qu’ils sont : des vieillards gâteux. A voir la raideur pénible de celui qui se penche (lumbago, arthrite, sciatique), on se demande comment son confrère, plus âgé encore, à fait pour s’agenouiller, comment il se relèvera. Les articulations ont dû souffrir, craquer. »

 

« Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées. » Robert Badinter - tribune de l'Assemblée Nationale - le 18 septembre 1981